OpenStreetMap dans les plans de proximité d’Île-de-France

un plan de proximité de la ligne C1

OpenStreetMap in the wild

L’apparition du crédit OpenStreetMap sur une carte imprimée constitue une reconnaissance tangible de l’utilité du projet et de la qualité du travail accompli par ses contributeurs. Et en vérité, les cartes qui créditent OpenStreetMap ne sont pas rares, surtout dans la domaine de la mobilité. Il s’agit d’une base de donnée de référence pour de nombreuses thématiques, et son caractère ouvert favorise son adoption et augmente les possibilités d’adapter la carte à l’identité visuelle et à la charte graphique du gestionnaire du réseau.

Dans cet article, nous souhaitons mettre en valeur un cas d’usage spécifique : les plans de proximité affichés dans les stations de la ligne C1 du téléphérique en Île-de-France. Ce nouveau mode de transport, reliant Créteil à Villeneuve-Saint-George, déploie de grands plans de situation. Ceux-ci intègrent systématiquement le crédit OpenStreetMap.

Photo d'un plan de proximité en station, puis zoom sur la photo du plan, puis zoom sur le crédit.
Image adaptée de https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Acc%C3%A8s_Station_V%C3%A9g%C3%A9tale_C%C3%A2ble_IdF_Ligne_1_Voie_V%C3%A9g%C3%A9tale_-_Limeil-Br%C3%A9vannes_(FR94)_-_2025-12-17_-_8.jpg
Crédits Photo : Chabe01, CC-BY-SA 4.0

Ces plans ont été réalisés par T-Kartor pour le compte d’Île-de-France Mobilités et de Transdev Coteaux de la Marne. T-Kartor est une agence de cartographie, qui réalise des plans et des supports permettant de se repérer dans la ville, et ce partout dans le monde. Ils produisent notamment les plans dans les villes de Londres et New-York. Et c’est aussi un de nos partenaires de longue date !

La mention d’OpenStreetMap sur ce plan n’est donc pas une surprise pour nous, puisque nous avons participé à de nombreuses étapes de la conception de ces plans. Nous avons notamment assuré la formation du personnel en charge de l’information voyageur à la plateforme de génération semi-automatique que T-Kartor fournit aux transporteurs franciliens. Cette solution permet de préparer, commander et produire les plans pour n’importe quel arrêt de la région, en s’appuyant sur l’espace disponible physiquement à l’arrêt, et en optimisant et la chaîne de production jusqu’à l’imprimeur.

OpenStreetMap pour les points d’intérêts

De manière générale, les plans sont constitués de nombreuses couches cartographiques. On y retrouve des arrêts de transport bien sûr, mais aussi des routes ou encore des points d’intérêt tels que la mairie, le stade ou l’école. Et comme il s’agit de pouvoir guider le voyageur dans l’étape finale de son voyage, la qualité et notamment la précision du positionnement de ces éléments sont vitales : imaginez un utilisateur qui descend de son bus pour aller à un rendez-vous à l’Hôpital, mais celui n’est pas positionné dans la bonne rue sur notre plan ? Ou encore tout simplement manquant ?

Pour ne rien simplifier, tous ces objets évoluent dans le temps : un nouveau lotissement apparaît et avec lui de nouvelles rues, le stade est renommé, un nouveau théâtre municipal ouvre, le commissariat de police s’agrandit et déménage, etc

À l’échelle locale, ça semble peu, mais quand on doit gérer des dizaines de milliers de points d’intérêts, répartis en une centaine de catégories, c’est un défi de taille.

Et la plupart des bases de données cartographiques ne s’en sortent pas si bien : les doublons, les informations périmées, les points d’intérêts mal catégorisés y sont monnaie courante. À cela s’ajoute le travail éditorial indispensable pour transformer ces données en carte lisible et intelligible.

Il y a peut-être un peu trop de points d’intérêts sur cette carte …

Jungle Bus a travaillé sur ce sujet pour les plans de proximité d’Île-de-France et a audité plusieurs sources de données afin de proposer une meilleure stratégie de gestion de ces couches cartographiques critiques.

Les données en open data publiées par les ministères, les bases plus généralistes tels que la BD Topo de l’IGN ou OpenStreetMap bien sûr, et même quelques bases de données propriétaires payantes ont ainsi été passé au crible, à la lumière des critères de qualité pertinents pour réaliser des plans de proximité.

C’est dans ce cadre que les premières données issues d’OpenStreetMap ont fait leur apparition sur les plans imprimés aux arrêts de transport en Île-de-France.

OpenStreetMap pour les données de transport

Mais la pertinence d’OpenStreetMap ne s’arrête pas aux points d’intérêt, c’est pour les données transport qu’elle est le plus visible.

En effet, la qualité est quelque chose de très subjectif. Pour les plupart des utilisations, un arrêt de bus légèrement mal positionné ou un peu décalé n’a pas vraiment d’impact sur le service rendu. Mais dans notre cas, un arrêt placé du mauvais côté de la route rendra le plan totalement inopérant : un voyageur qui sort de son bus et cherche à rejoindre un point d’intérêt risque de ne pas réussir à se repérer et ne parviendra pas à planifier son trajet si le point de départ n’est pas bon. Ou imaginez encore une correspondance entre deux bus lorsque le plan de proximité indique l’arrêt où je dois à présent me rendre du mauvais côté de la rue. Le temps de réaliser mon erreur et de traverser la rue dans l’autre sens, j’ai peut-être déjà raté mon bus !

Ce type d’erreur est en outre très difficile à identifier lorsqu’on ne connaît pas le quartier…

Il y a plusieurs erreurs dans les destinations des lignes passant à cet arrêt. Pouvez-vous le détecter ?

Jungle Bus a ainsi développé des algorithmes pour identifier les arrêts mal positionnés, en s’appuyant à la fois sur les données de transport fournies par les opérateurs et sur OpenStreetMap.
Plusieurs approches utilisant OpenStreetMap ont été testées et utilisées au cours du temps.

Les plus simples utilisent les arrêts de bus présents dans OpenStreetMap et les identifiants open data de référence qui ont été ajoutés à ces arrêts par la communauté pour faciliter l’interopérabilité.
C’est une méthode très efficace et éprouvée au delà du contrôle qualité pour les plans de proximité : Jungle Bus a par le passé réalisé une prestation auprès un transporteur souhaitant repositionner plus finement ses arrêts, en s’appuyant largement sur ce procédé comparatif avec OpenStreetMap.

Mais ce procédé n’est adapté à toutes les situations : il fonctionne mieux en zone dense avec une communauté active, et présentera des lacunes dans les zones moins fournies en données OpenStreetMap.

Jungle Bus connaît bien ces limites puisque nous avons participé par le passé à l’effort communautaire de cartographie des arrêts de bus franciliens et surtout avons réalisé en 2019 une étude comparant les données officielles d’Île-de-France Mobilités et OpenStreetMap.

Carte ile-de-france

Aussi, Jungle Bus a développé de nouveaux algorithmes d’identification des arrêts erronés s’appuyant sur les tracés de la ligne et la topologie du réseau dans OpenStreetMap.

Le résultat est visible pour tous dans les données publiées en open data par Île-de-France Mobilités (en particulier le fichier GTFS qui liste notamment tous les points d’arrêts).

Grâce au soutien de T-Kartor, un de ces algorithmes a d’ailleurs été implémenté dans Osmose, un outil de contrôle qualité d’OpenStreetMap open source, que Jungle Bus utilise sur la plupart de ses projets. L’identification de ces erreurs dans les données collaboratives contribuent à renforcer le cercle vertueux de l’utilisation des données par des tiers.

OpenStreetMap est donc au cœur des processus de production et s’est imposé avec le temps comme un élément incontournable pour assurer la qualité cartographique.

Dans les années à venir en Île-de-France, attendez-vous donc à voir encore plus fréquemment des crédits OpenStreetMap en bas des cartes de mobilité 😉


Vous aussi, vous souhaitez améliorer la qualité de vos plans grâce à OpenStreetMap ?

Jungle Bus peut vous accompagner, contactez-nous !

Rendez-vous au State of the Map 2026 !

Crédit : © LySioS, CC BY-SA 4.0

Jungle Bus sera présent au State of the Map 2026 à Marne-la-Vallée.

Le State of the Map est la rencontre annuelle de la communauté OpenStreetMap : durant 3 jours, contributeurs, utilisateurs, chercheurs, représentants de collectivités et d’entreprises gravitant autour de l’information géographique, et aussi toute personne curieuse de découvrir le « Wikipédia des cartes », se retrouveront pour partager leurs expériences, en apprendre plus sur l’écosystème et les multiples applications de notre carte libre du monde.

Nous sommes bien sûr des habitués de la déclinaison locale française de cet évènement, mais cette année, c’est la communauté OpenStreetMap mondiale qui se retrouve à Marne-la-Vallée, et en ligne du 28 au 30 août pour des conférences, ateliers et tables rondes !

Jungle Bus en est particulièrement fier, puisque nous avons œuvré, en tant que bénévoles, pour que l’évènement se tienne ici et participons encore aujourd’hui à l’organisation de ces journées.

Par ailleurs, Jungle Bus co-présentera les conférences suivantes :

Jungle Bus sera également présent sur le Village de la Fédération des Pros d’OSM et sponsor de l’évènement.

Nous vous y attendons nombreuses et nombreux.

Toutes les informations et inscription à #SOTM2026 : https://2026.stateofthemap.org

Les données de transport en Île-de-France dans OpenStreetMap : un potentiel largement inexploité

Bus à Montmartre

Chaque jour, près de 10 millions de déplacements sont effectués dans les transports publics de la région Île-de-France, sur un réseau de plus d’un millier de lignes, opérées par environ 75 transporteurs. Île-de-France Mobilités (ex-STIF) imagine, organise et finance les transports publics dans toute la région.

Un an d’analyse de données transport open data en Île-de-France

Jungle Bus a étudié pendant un an l’évolution des données transports en commun en Île-de-France à la fois dans OpenStreetMap et dans les référentiels officiels publiés en open data par Île-de-France Mobilités.

Bus à Montmartre

Et voici ce que nous avons trouvé.

OpenStreetMap : une cartographie de qualité bien qu’incomplète

Les données officielles d’Île-de-France Mobilités sont plus complètes que celles d’OpenStreetMap : en effet, dans OpenStreetMap, les zones moins habitées, qui sont aussi celles où il y a moins de contributeurs, sont moins bien cartographiées.

Les départements de la grande couronne sont donc ceux où il manque le plus d’informations.

des contributions OpenStreetMap hétérogènes
Rapport entre le nombre d’arrêts officiels et le nombre d’arrêts dans OpenStreetMap

Une modélisation qui diffère

Par ailleurs, les données sont modélisées de manière très différente.
OpenStreetMap contient des données purement géographiques tandis que les données officielles décrivent l’offre complète, ce qui inclut également les horaires de passage des bus.
De plus, OpenStreetMap reproduit ce qui est visible sur le terrain tandis que les données officielles peuvent parfois représenter des données logiques ou agrégées.
Par exemple la définition d’un arrêt n’est pas commune aux deux référentiels.

des modélisations différentes
Un arrêt sur le terrain et dans OpenStreetMap peut parfois correspondre à plusieurs arrêts dans les données open data officielles

Pour notre étude, nous avons dû re-modéliser les données des deux sources afin de construire un échantillon comparable.

Même si les différences entre les deux jeux de données restent marginales dans cet échantillon comparable OpenStreetMap nous a permis d’identifier de nombreux arrêts où les données publiées en open data peuvent être améliorées.

OpenStreetMap proche de la réalité terrain

En effet, les données d’OpenStreetMap sont en général très proches de la réalité observable sur le terrain : le nommage des lignes et des arrêts peut donc être plus conforme avec la signalétique, les positions des arrêts sont souvent plus précises, le tracé des lignes est également plus précis et suit exactement le tracé des rues empruntées.

En analysant les différences de position entre les deux sources, nous avons pu trouver des arrêts de l’open data officiel situés dans la mauvaise rue mais aussi à des positions incongrues comme à l’intérieur de bâtiments ou même d’un étang.
Au total, près de 5% des arrêts comparés ont un écart de position entre les deux sources de plus de 70 mètres.

des différences sur les positions des arrêts
Les positions des arrêts dans OpenStreetMap sont souvent plus proches de la réalité que les positions proposées par l’open data officiel

Ces positions potentiellement erronées peuvent pénaliser un voyageur qui recherche son arrêt. Dans un contexte de développement fort de la multi-modalité, ces données n’ont pas la précision nécessaire pour réaliser un guidage piéton de qualité.
Ces positions pourraient être corrigées en s’appuyant sur le travail des contributeurs : les données d’OpenStreetMap sont en effet exploitables car disponibles sous licence libre.

La communauté OpenStreetMap produit de plus en plus de données

En un an d’étude, le volume de notre échantillon comparable a été multiplié par 4 !
Ainsi, si OpenStreetMap n’est pas complet, la contribution y est donc extrêmement active : la communauté a amélioré sensiblement la couverture et a cartographié des dizaines de milliers d’objets au cours de l’année.
Elle a notamment su se mobiliser pour qu’OpenStreetMap reste à jour suite aux diverses restructurations de réseau qui ont eu lieu pendant l’année, par exemple à l’occasion des réorganisations diverses de la rentrée 2018 ou encore la refonte du réseau de bus parisien en avril 2019.

évolution du nombre de routepoints pendant un an d'étude
La contribution dans OpenStreetMap sur les sujets transport est très active : des dizaines de milliers d’objets ont été cartographiés en un an !

Conclusion

La communauté OpenStreetMap s’est mobilisée pour continuer le travail minutieux de collecte terrain des données de transport en Île-de-France.
Par ailleurs, Île-de-France Mobilités continue sa stratégie open data, notamment via la publication du tracé des lignes en 2019.

Bien que les données OpenStreetMap ne soient pas complètes, leur qualité permet dès à présent de les exploiter pour identifier des erreurs dans les données open data et les corriger.

Il existe donc un réel intérêt pour les professionnels du transport à travailler avec la communauté pour améliorer les données de transports. De la création des données à son utilisation, de nombreuses solutions ne demandent qu’à être construites.

Audits complets

Nous vous invitons à lire le rapport d’audit initial et que ses 4 mises à jour successives pour en savoir plus sur notre méthodologie, nos indicateurs ainsi que le détail des enrichissements réalisables.


Ces audits ont été réalisés grâce au soutien de Cityway et d’Île-de-France Mobilités, dans le cadre du projet m2i.

logo idfm
logo cityway

Vous souhaitez connaître la qualité des données OpenStreetMap sur votre territoire ? Elles peuvent sûrement enrichir vos propres données et améliorer l’information voyageurs.

Contactez-nous, c’est notre expertise.


Licence photo « Bus à Montmartre » CC-By Chris Waits

Audit Île-de-France – Mise à jour de novembre

Jungle Bus présente un nouvel audit comparatif des données de transport d’Île-de-France.

Dans ce document, notre équipe constate la progression de la cartographie du réseau de bus dans OpenStreetMap et se focalise en particulier sur les arrêts situés autour des gares Transilien du RER C qui ont fait l’objet d’une cartographie exhaustive.

Ce document fait suite à la deux premières versions de l’audit : publiée en avril 2018 puis celle publiée en juillet 2018.